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Affaire de viol à Djoma-Balandougou : Moussa Condé condamné à 15 ans de réclusion criminelle

30 juillet 2026

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Mandiana- Le tribunal criminel de première instance de Mandiana a rendu son verdict, ce jeudi 30 juillet, dans l’affaire du viol collectif de Djoma-Balandougou. À l’issue des débats, Moussa Condé a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle et au paiement d’une amende de 700 millions de francs guinéens. Le parquet avait requis une peine de 20 ans de prison assortie d’une amende d’un milliard de francs guinéens.

L’affaire dite de Djoma-Balandougou, dans la préfecture de Mandiana, a connu son épilogue judiciaire ce jeudi 30 juillet 2026. Après plusieurs heures d’audience marquées par les témoignages, les réquisitions du ministère public et la plaidoirie de la défense, le tribunal a finalement fixé la peine de Moussa Condé, l’un des mis en cause dans cette affaire impliquant une adolescente de 13 ans.

Au cours des débats, l’accusé a reconnu une partie des faits qui lui étaient reprochés, tout en rejetant la responsabilité de la diffusion de la vidéo qui avait largement circulé sur les réseaux sociaux. Son audition, rapportée par Mediaguinée.com, a constitué un moment important du procès.

À la barre, Moussa Condé a expliqué que les faits auraient commencé après une partie de football entre jeunes du village. Selon sa version, lui et son coaccusé auraient accompagné la jeune fille à moto sous prétexte de lui apprendre à conduire. « Nous jouions au ballon lorsque Kallou et Fadima sont venus me demander de les accompagner avec une moto. Il était question de lui apprendre à conduire. Sur le chemin du retour, Kallou a quitté la route pour se rendre dans la brousse », a-t-il raconté.

L’accusé a ensuite affirmé que son coaccusé lui aurait demandé de filmer la scène avant de l’impliquer directement dans les faits. « Après avoir filmé, il m’a demandé de toucher Fadima et je l’ai fait. Je lui ai demandé d’effacer la vidéo, mais il ne l’a jamais fait. Je ne sais pas qui l’a publiée. La vidéo était dans son téléphone », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Tout en reconnaissant la gravité de ses actes, Moussa Condé avait présenté des excuses à la victime et à ses proches. « Je reconnais que ce que nous avons fait est grave. Je demande pardon », a-t-il lancé à la barre.

Le témoignage de la victime recueilli à huis clos

Au cours de l’audience, la victime, Fadima Camara, âgée de 13 ans, a également été entendue par le tribunal. En raison de son âge et de la nature sensible du dossier, son témoignage s’est déroulé à huis clos.

Selon les informations rapportées dans la presse, notamment par Mediaguinée.com, la jeune fille a livré son récit des événements devant les magistrats. « Je leur avais demandé de m’apprendre à conduire une moto. Nous étions au terrain. Après quelque temps, ils m’ont emmenée en brousse et m’ont banané chacun à leur tour », aurait-elle déclaré.

Elle a également expliqué les raisons pour lesquelles elle n’aurait pas immédiatement parlé à sa famille. « Je n’en ai pas parlé à mes parents. Ils m’ont dit que si j’en parlais à quelqu’un, ils me tueraient », a-t-elle confié à la juridiction.

Ces déclarations, comme celles de l’accusé, ont été examinées par le tribunal au regard des autres éléments du dossier, dans le respect du principe de la présomption d’innocence.

Le parquet a réclamé une peine de 20 ans

Lors de ses réquisitions, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Mandiana a demandé une sanction lourde contre Moussa Condé.

Selon Guineematin.com, le ministère public avait requis 20 ans de réclusion criminelle ainsi qu’une amende d’un milliard de francs guinéens.

Pour le procureur Abdoulaye Soumah, les faits reprochés à l’accusé nécessitent une réponse judiciaire forte. « Les faits de banane, d’enregistrement d’images d’autrui et de leur publication ne méritent qu’une peine de nature à rassurer la société, de nature à empêcher le renouvellement d’une telle infraction », a déclaré le magistrat.

Le parquet a également estimé que la justice devait envoyer un message clair face à des actes considérés comme particulièrement graves.

La défense a plaidé la clémence

De son côté, l’avocat de Moussa Condé, Me Ibrahima Khalil Kanté, ademandé au tribunal de faire preuve d’indulgence, en mettant notamment en avant l’âge de son client, âgé de 19 ans. « C’est un jeune qui n’a pas encore atteint la vingtaine. Il a 19 ans. Que peut-il devenir ? La justice de notre pays n’est pas là pour se venger. Elle est là pour enseigner, éduquer et corriger », a plaidé l’avocat.

Il a également demandé au tribunal de privilégier une approche éducative. « Aujourd’hui, Moussa Condé n’a plus d’espoir. Son seul espoir, c’est vous et votre honorable composition », a-t-il déclaré.

Avant la fin de sa plaidoirie, Me Kanté avait présenté des excuses au nom de son client. « Nous demandons pardon à Mme Fadima Kamara, à sa famille, à toute la communauté féminine de Mandiana, de Guinée et du monde. Ce qui s’est passé n’est pas acceptable », a-t-il affirmé.

Au terme des débats, le tribunal a finalement condamné Moussa Condé à 15 ans de réclusion criminelle et au paiement de 700 millions de francs guinéens d’amende.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com

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Last modified: 30 juillet 2026

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