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Naby Keïta signe définitivement à Ferencváros​

17 février 2026

Après deux années cauchemardesques au Werder Brême, Naby Keïta relance sa carrière avec un transfert définitif à Ferencváros et retrouve temps de jeu et confiance.

Le rebond tant espéré semble enfin se concrétiser pour Naby Keïta. Le milieu de terrain guinéen, champion de Ligue des champions avec Liverpool en 2019, a signé définitivement au Ferencváros après six mois de prêt convaincants. Cette décision met un terme à un cauchemar de deux ans au Werder Brême et offre au capitaine du Syli National une stabilité dont il avait cruellement besoin. À 30 ans, l’ancien joyau de Leipzig et d’Anfield retrouve le sourire en Hongrie, un championnat certes moins prestigieux mais où il peut enfin enchaîner les matchs et démontrer qu’il a encore du football de qualité à proposer.

L’histoire entre Keïta et le Ferencváros avait débuté en janvier 2025 sous la forme d’un prêt avec option d’achat. Après seulement cinq apparitions catastrophiques au Werder Brême en 18 mois – marquées par une suspension disciplinaire pour avoir refusé de monter dans le bus de l’équipe avant un match contre Leverkusen – le Guinéen avait besoin d’un nouveau départ. Des plateformes comme mbet rdc avaient d’ailleurs largement commenté cette descente aux enfers d’un joueur autrefois estimé à plus de 50 millions d’euros.

Une intégration progressive mais efficace

Les débuts hongrois n’ont pas été fulgurants mais ont montré une courbe ascendante encourageante. Le 23 février 2025, Keïta faisait ses débuts en entrant en jeu face au Fehérvár lors d’une victoire 3-1. Quelques jours plus tard, il délivrait sa première passe décisive pour Aleksandar Pešić lors d’un match nul 2-2. Le 9 mars, il obtenait enfin sa première titularisation contre Debrecen, un match remporté 1-0. Rien de fracassant, mais des signaux positifs pour un joueur qui n’avait quasiment plus touché un ballon en compétition depuis des mois.

Au total, Keïta a disputé 28 matchs sous le maillot vert et blanc du Ferencváros, délivrant 5 passes décisives. Des statistiques modestes mais qui masquent l’essentiel : le Guinéen a retrouvé du temps de jeu, de la confiance et surtout le plaisir de jouer au football. Le club hongrois, actuellement deuxième du championnat, a été séduit par son professionnalisme retrouvé et son apport dans les phases de construction.

La chute vertigineuse après Liverpool

Pour comprendre l’ampleur du renouveau, il faut se rappeler d’où vient Naby Keïta. En 2017, Liverpool avait activé sa clause libératoire de 48 millions de livres (environ 59 millions d’euros avec les bonus) pour l’arracher au RB Leipzig. Jürgen Klopp lui-même avait insisté pour recruter ce milieu box-to-box considéré comme l’un des plus prometteurs d’Europe. À Anfield, le Guinéen a remporté tout ce qu’un footballeur peut rêver : Ligue des champions (2019), Premier League (2020), Coupe du monde des clubs, Supercoupe d’Europe, FA Cup et Community Shield.

Mais les blessures à répétition ont gâché l’aventure anglaise. En cinq saisons, Keïta n’a disputé que 84 matchs de championnat, souvent relégué sur le banc ou à l’infirmerie. Sa dernière année à Liverpool a été particulièrement frustrante avec seulement huit apparitions en Premier League. Quand son contrat a expiré en 2023, il est parti libre au Werder Brême, pensant relancer sa carrière en Allemagne. Ce fut un désastre total.

Le fiasco allemand et la suspension disciplinaire

L’épisode de Brême restera comme l’un des points les plus bas de la carrière de Keïta. En avril 2024, après n’avoir joué que cinq matchs en 18 mois, il a refusé de monter dans le bus de l’équipe avant une rencontre contre le Bayer Leverkusen. Une décision qui lui a valu une lourde amende et une mise à l’écart totale du groupe professionnel. Le club allemand ne voulait plus entendre parler de lui.

Clemens Fritz, le directeur sportif du Werder, avait été clair : « Après la fin de son prêt, nous avons trouvé une solution satisfaisante pour toutes les parties ». Traduction : on est soulagés de s’en débarrasser. La valeur marchande de Keïta, évaluée à 12 millions d’euros lors de son arrivée à Brême, avait dégringolé à seulement 1,5 million selon Transfermarkt. Une chute vertigineuse pour un joueur qui avait marqué l’histoire du football autrichien et allemand.

Budapest, nouvelle maison

Le Ferencváros a donc décidé de lever l’option d’achat le 14 janvier 2026, offrant à Keïta un contrat qui court jusqu’en 2027. Pour le club hongrois, c’est un pari calculé. Ils récupèrent un joueur avec un CV exceptionnel pour un coût dérisoire, et en échange, Keïta apporte son expérience des grands matches européens et son statut de champion de Ligue des champions.

L’entraîneur Pascal Jansen a salué le professionnalisme du Guinéen : « Naby nous a apporté beaucoup avec son expérience. Il comprend le jeu, il sait quand accélérer et quand ralentir le tempo. C’est exactement ce dont nous avions besoin ». Des propos qui contrastent violemment avec les derniers mois à Brême où plus personne ne voulait travailler avec lui.

Pour Keïta, cette signature définitive représente une forme de rédemption. À 30 ans, il n’est plus question de reconquérir les sommets européens avec Liverpool ou Manchester United. L’objectif est désormais de prouver qu’il peut encore être utile, de finir sa carrière dignement, et peut-être d’aider le Ferencváros à briller en Europa League.

L’impact sur la sélection guinéenne

En tant que capitaine du Syli National, Keïta doit montrer l’exemple. Sa descente aux enfers à Brême avait inquiété la Fédération guinéenne qui comptait sur lui pour les éliminatoires du Mondial 2026. Même s’il a été écarté au début des qualifications de la CAN 2025, son retour en forme en Hongrie pourrait le remettre dans le coup pour les prochaines échéances.

Le nouveau sélectionneur Paulo Duarte suit de près son évolution. Dans le projet Guinée 2030 qu’il a présenté, il mise sur un mélange d’expérience et de jeunesse. Keïta, avec ses 50 sélections et son palmarès impressionnant, peut encore jouer un rôle de mentor pour la jeune génération guinéenne. À condition de rester en forme et de continuer à jouer régulièrement.

Cette signature au Ferencváros n’est peut-être pas le scénario hollywoodien dont rêvait Naby Keïta il y a quelques années. Mais c’est un nouveau départ honnête, une chance de retrouver l’amour du jeu loin des projecteurs écrasants de la Premier League. Budapest lui offre ce que Liverpool et Brême ne pouvaient plus lui donner : du temps de jeu, de la confiance et la possibilité de terminer sa carrière la tête haute.

Last modified: 17 février 2026

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